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Retraites : pour une réforme sans tabou

De nombreux jeunes Nanterriens connaissent la « galère » du chômage et de l’emploi précaire…

Les retraités de leur côté voient le niveau de leur pension baisser : cette année, les 0,9% d’augmentation de régime général seront effacés par l’augmentation probable de l’inflation (sans doute plus de 2%). Le travail à temps partiel et l’insécurité de l’emploi sur le long terme se développent.

C’est dans ce contexte que gouvernement et patronat remettent le couvert sur l’allongement de la durée d’activité et de la durée de cotisation. Et pendant qu’ils y sont, ils essaient encore une fois d’opposer les salariés du public et ceux du privé. La toile de fond de ces débats, c’est l’évolution démographique, motif selon eux « fatal » contre la retraite par répartition basée sur la solidarité intergénérationnelle.


Mais, elle a bon dos la démographie. Car l’objectif réel est de maintenir « éternellement » le même modèle économique productiviste et la répartition inégale des richesses, ressorts des difficultés prédites par le gouvernement et le patronat. Et, tout en jurant un profond attachement au système par répartition actuel, les mêmes distillent que prendre une assurance retraite complémentaire auprès d’une société financière serait une bonne option. Or, ce sont ces mêmes entreprises qui sont au cœur des crises vécues et à venir ! Les manœuvres gouvernementales et patronales ne visent, en fait, qu’à baisser le niveau des retraites.

Il faut sortir des raisonnements économiques standards dans lesquels « ils » nous enferment. Il faut s’interroger sur le paradoxe qui consiste à défendre l’environnement des jeunes générations qui vont subir les conséquences du changement climatique et à l’oublier lorsqu’il est question de leur retraite à long terme.


L’évolution du système des retraites doit s’envisager dans un nouveau contexte de production de biens matériels et sociaux réorientés vers la qualité et non basés sur la quantité et se préoccupant du libre accès aux ressources naturelles. Elle passe également par la nécessité bien actuelle d’une révision du partage de la richesse issue de cette production. Il faut en finir avec son affectation au profit des seuls revenus financiers.


C’est ce tabou qu’il faut faire sauter et non celui de l’âge du départ à la retraite.

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