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Non à Autolib, non au flou …

Intervention de Julien SAGE, lors du conseil municipal du 24 mars 2009 expliquant les raisons pour lesquelles le groupe des éluEs Les Verts ne votera pas pour AUTOLIB.

Lorsque le Vélib’ a été imaginé par les Verts parisiens, Bertrand Delanoë s’est opposé à la création « a priori » d’un syndicat intercommunal pour sa gestion, préférant une gestion privée et un financement issu des contrats d’affichages. Mais voilà qu’aujourd’hui, ce même Bertrand Delanoë, tirant les leçons de son manque d’écoute, propose une alternative « bagnole » du Vélib’ : la création d’un syndicat intercommunal « a priori », avant même que les études de faisabilités ne soient achevés.

Plusieurs points posent problème :Dans un premier temps, le bénéfice environnemental est très aléatoire. En effet, on annonce de belles économies de carbone avant même que le choix technologique des véhicules électriques soit retenu. Véhicules électriques dont on ne sait pas encore l’origine de fabrication, ni même la durée de vie, sans compter que chacun sait qu’une batterie de type Ion-Lithium par exemple, est quasiment in-recyclable. Ensuite, sur le principe même il y a une contradiction environnementale : si on se réfère au test de la ville de St-Quentin en Yvelines, mené d’octobre 1997 à juillet 99, ce fut un échec : Praxitèle, c’était le nom de « l’Autolib’ » de l’époque, n’avait pas permis de faire baisser le nombre de trajets domicile-travail vu que ceux-ci avaient été remplacés par des trajets domicile-travail en Praxitèle. Dès lors, des « Jockey » motorisés avaient été mis en place pour le déplacement des véhicules vides de station à station, avec leurs cortèges de nuisances et l’absurdité du système. Tout ceci ne serait rien si le projet n’était pas aussi flou sur l’aspect financier. Passons sur cette menace d’un prix plus élevé pour les communes qui n’accepteraient pas tout de suite de rentrer dans le syndicat. Comme je viens de le dire, si il y a des doutes sur les gains environnementaux, il y a des doutes également sur les finances : le prix prohibitif des stations (50 000 euros par station quand il est réclamé 11 stations à Nanterre soit un cout total de 550.000), le coût de fonctionnement des véhicules, qui n’est bien entendu toujours pas connu, le coût d’entretien des véhicules, qui risque d’être explosif si l’on compare aux 40% de Vélib’ détériorés depuis leur mise en service, le choix technologique du véhicule qui va forcément induire des coûts, etc., alors même que la part usager est déjà globalement retenue – 2 euros environ de l’heure en plus d’une adhésion à une douzaine d’euros – Les communes s’engageant à compenser le manque à gagner, à proportion de leur nombre de stations. Tout ça, nous l’avons dit, pour un gain environnemental aujourd’hui inconnu et un gain en termes de transport également inconnu. 

Tout ceci ne serait rien si l’on avait la certitude d’un droit de retrait (article 8 des statuts qui nous ont été présentés) ; mais le nombre de voix au syndicat est proportionnel aux nombre de stations (Nanterre : 11, Paris : 700), et la sortie du syndicat doit répondre aux 2/3 du comité syndical. Faites le calcul : si Paris possède 700 stations sur les 2000 prévues, il sera impossible de sortir du syndicat sans l’aval des 2 représentants parisiens. Est-ce cela la vision de la Métropole selon Betrand Delanoë ? Et moins il y a de membres, moins il y aura de recettes : voilà qui n’incite pas les communes adhérentes à laisser partir un membre… Autant dire : si Autolib’ déraille, nous devrons tous payer la note et il sera impossible d’en sortir. Et ce, même si chaque station est censée rapporter 4500 euros par an… sans que nous ne connaissions le coût d’exploitation de celles-ci… bref, impossible de savoir aujourd’hui si Autolib’ rapportera ou coûtera au contribuable !  

Quel responsable politique oserait un tel pari sur l’inconnu ? Et surtout, quel responsable politique oserait appeler ça du développement durable ?   Alors qu’il existe des systèmes d’auto-partage en forte progression (Okigo, MobiZen…), sans quasiment aucun investissement public, ce système s’apparente à du développement durable pour les nuls : c’est électrique donc c’est durable, et tant pis pour les conséquences financières ou techniques. Ce n’est pas la vision des écologistes.  Nous proposons que le Syndicat Mixte d’Etudes Paris Métropole, où siègent Patrick Jarry et Bruno Chanut, s’empare de la question et réalise toutes les études techniques et environnementales, afin que les communes puissent savoir dans quoi elles s’engagent. En l’état, le groupe des Verts votera contre et demande une nouvelle fois, comme les villes de Colombes et Bagneux, un report pour défaut d’information.  

2 réponses pour “Non à Autolib, non au flou …”

  1. Vincent Poizat indique :

    Bonjour,
    La Peep Rueil Malmaison organise en collaboration avec le cinéma Ariel, la projection du film de Jean-Paul Jaud, ‘Nos enfants nous accuseront’.
    Il y aura une séance spéciale le jeudi 2 avril à 20H30 avec un débat en présence du Dr Lylian Le Goff.
    Pour en savoir plus et réserver vos places:
    http://macantinebio.wordpress.com/2009/03/14/nos-enfants-nous-accuseront-a-rueil-malmaison/
    Cordialement.
    Vincent Poizat

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